Travail le 1er mai 2026 : ce qui change (et ce qui ne change pas)
Le 1er mai reste une date à part dans le calendrier social français. Mais en 2026, ce jour férié emblématique connaît une évolution notable, notamment pour certains artisans. Décryptage des nouveautés à connaître pour les employeurs et les salariés.
Un principe toujours très protecteur
En France, le 1er mai demeure le seul jour férié obligatoirement chômé et payé pour tous les salariés, sauf exceptions très encadrées.
Concrètement :
- les salariés ne travaillent pas ;
- leur rémunération est maintenue, sans condition d’ancienneté ;
- l’employeur ne peut pas imposer de travailler ce jour-là.
Seules certaines activités indispensables (santé, transports, hôtellerie-restauration…) peuvent continuer à fonctionner. Dans ces cas, les salariés bénéficient au minimum d’une rémunération doublée.
Une réforme finalement reportée
Depuis plusieurs mois, une réforme visait à élargir les possibilités de travail le 1er mai, notamment pour les commerces de proximité.
Mais en avril 2026,
=> le texte a été rejeté à l’Assemblée nationale et reporté à 2027, faute de consensus politique.
Le gouvernement a donc choisi de ne pas modifier en profondeur les règles cette année.
Une dérogation exceptionnelle pour certains artisans
Malgré ce report, une mesure importante a été annoncée :
=> les boulangers et les fleuristes artisans indépendants pourront exceptionnellement ouvrir le 1er mai 2026.
Cette ouverture reste toutefois strictement encadrée :
- recours au volontariat des salariés
- accord écrit recommandé
- rémunération doublée obligatoire
Cette dérogation vise à répondre aux difficultés économiques de ces professions et à sécuriser juridiquement des pratiques déjà répandues.
Un projet de loi spécifique devrait venir consolider cette mesure dans les prochains mois.
Une évolution limitée… mais symbolique
En pratique, le cadre légal évolue peu en 2026 :
- le 1er mai reste un jour férié très protégé ;
- les règles générales du Code du travail ne changent pas ;
- seules certaines activités artisanales bénéficient d’un assouplissement temporaire.
Mais cette décision marque une première ouverture, qui relance le débat sur l’évolution du travail lors des jours fériés.
Quels enjeux pour les entreprises ?
Pour les employeurs, plusieurs points de vigilance :
- vérifier si l’activité relève bien d’une dérogation autorisée ;
- respecter strictement le volontariat des salariés ;
- appliquer la rémunération majorée (au minimum x2) ;
- anticiper les risques de contentieux en cas de non-respect.
À défaut, des sanctions administratives et prud’homales peuvent être engagées.
Les sanctions en cas de non-respect du cadre légal
Un employeur qui mobiliserait des salariés en se prévalant de la dérogation, sans que son activité relève effectivement d’une continuité impérative, s’expose à une contravention de quatrième classe au titre de l’article R3135-3 du Code du travail :
- 750 euros d’amende par salarié illégalement employé
- 1 500 euros si le salarié concerné est mineur, dont l’emploi le 1er mai est expressément interdit, même dans les établissements relevant de la dérogation L3133-6.
Le conseil de prud’hommes peut être saisi en parallèle pour rappel de salaire ou dommages-intérêts.
Ce qu’il faut retenir
- En 2026, le 1er mai reste majoritairement chômé et payé
- Une dérogation exceptionnelle est accordée aux boulangers et fleuristes
- La réforme globale est repoussée à 2027
- Le respect du volontariat et du double salaire est impératif
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